Paroles de SANS PAPIERS

 

Sans papier

(avec Serge et Philippe Khalifa)
Fiona Records / Musisoft, 2000.
Cet homme est femme - Lady L. - 1999 - Regarde-moi - Comme tu le sens - Désir - Guajira 2000 - Au nom de Dieu - Sans papiers - Stella di Corsica - A mon père.

  • Rencontre interview pour la sortie de Sans Papiers
  • CET HOMME EST FEMME


    Elle et lui tous les deux
    On dirait deux copines
    Avec jamais dans les yeux
    Ce que les autres imaginent
    Quand il est avec elle
    Il devient belle

    Elle et lui c’est l’effet
    Des pièces qui s’assemblent
    Un amour ne se défait
    S’il ne se fait ensemble
    Cette façon d’aimer sans s’abîmer

    Cet homme est femme
    Cet homme est fleur
    Pour le meilleur et le meilleur
    Cet homme est femme
    Cette âme est soeur
    Et le bonheur est le bonheur

    Elle et lui tous les deux
    C’est vraiment un poème
    Avec toujours dans les yeux
    Cet air d’être les mêmes
    Quand je suis près de toi
    Moi je suis comme ça

    Je suis comme un garçon
    Qui serait une fille
    Cette main sur mon front
    Qui soudain te maquille
    Je suis comme tu es
    Je me plais

    J’ai fait le rêve fou
    D’être celle qui t’aime
    D’être l’homme entre nous
    Qui ne fait pas de peine
    D’être rien que pour toi
    Celle que tu crois
    Cet homme est femme
    Cet homme effleure
    Pour le meilleur et le meilleur
    Cet homme est femme
    Son âme est soeur
    Et le bonheur est le bonheur

    LADY L.


    Elle m’a pris par les ailes
    Elle m’a dit tout va bien
    Si tu m’entends je t’appelle
    Si tu m’attends je reviens
    Moi je vais où elle m’enlève
    Comme un oiseau migrateur
    Moi je vis où elle rêve
    For ever
    Ever and ever

    Elle est tout pour moi
    Elle est l’eau elle est la terre
    Dans le ciel elle est le rêve
    Et le rêve est toujours là
    Dans le soleil qui se lève
    Dans l’oiseau qui s’en va

    Les pensées que je me garde
    Le grand bleu d’où vient le vent
    Les oiseaux que je regarde
    Et celui qui va devant
    Ce bateau qui met les voiles
    Avec à bord son rêveur
    Le regard dans les étoiles
    For ever
    Ever and ever

    L’aigle blanc qui s’envole
    Vers le pays de là-bas
    L’oie sauvage qui décolle
    Chaque fois que je la vois
    Lady L est tout pour moi

    REGARDE-MOI


    Regarde-moi je t’ai fait
    Tout le mal qu’on pouvait te faire
    J’ai pris ta vie au paradis
    Et je l’ai donnée à l’enfer
    Je t’ai laissée toute seule
    Quand tu avais besoin de moi
    Maintenant c’est moi qui pleure
    Et c’est toi qui t’en vas

    C’est moi qui te supplie
    De m’emmener avec toi
    Qui te dis reste ici
    Qui te crie ne me laisse pas
    C’est moi qui me traîne à tes pieds
    Si tu voulais te retourner
    Tu le verrais tu le verrais tu me verrais

    Regarde je pleure
    Tu peux te venger jusqu’au bout
    Regarde-moi c’est moi qui meurs
    Mais si tu restes je m’en fous
    Regarde c’est l’heure
    L’heure où notre amour a changé
    Si tu pouvais me pardonner
    Ou tout pourrait recommencer
    Garde-moi s’il te plaît

    Regarde-moi t’aimer
    Comme je ne l’ai jamais su
    Celui qui t’a toujours manqué
    C’est moi celui qui t’aime
    L’autre n’est plus
    Sans toi l’autre est foutu
    Regarde il n’a plus de fierté
    Regarde-moi je ne suis plus
    Celui qui t’a tant fait pleurer

    Regarde j’ai peur...

    1999


    Je ne crois plus
    Ce que je vois
    Je n’entends plus
    D’autres voix que ma voix

    Toutes les images qu’on met devant mes yeux
    Sont pas celles qui me font croire au Bon Dieu
    Ce n’est pas mon reflet dans le miroir
    Qui me regarde c’est à moi de le voir

    Je ne dis plus
    Ce qu’on pense pour moi
    Je ne suis plus d’autres voies que ma voie

    Toutes les lois du plus fort du plus nombreux
    Sont pas celles qui me font croire au Bon Dieu
    Ce n’est pas mon reflet dans le miroir
    Qui me regarde c’est moi seul qui peut voir

    Je ne sais plus ce que je ne sais pas
    Je ne fais plus ce que je ne fais pas
    Je ne peux plus ce que je ne peux pas
    Je ne vais plus là où je ne veux pas

    Les discours que me font tous les aïeux
    Sont pas ceux qui me font croire au Bon Dieu
    Ce n’est pas mon reflet dans le miroir
    Qui me regarde c’est moi seul qui peut voir

    COMME TU LE SENS


    Là-haut dans ta tour d’ivoire
    Un bandeau sur tes yeux clos
    On t’a laissé dans le noir
    Tirés les rideaux
    On t’a dit fais comme il faut faire
    Et marche droit si tu sors
    Ne te mets pas en colère
    Sois toujours d’accord
    Reste ventre dans ta mère
    Et du côté du plus fort
    Ne pas bouger ou se taire
    Ni changer de son corps

    N’écoute pas les sirènes
    Garde tes yeux du dedans
    Et va où la vie te mène
    Juste comme tu le sens
    Le sang qui bat dans tes veines
    A le soleil dans le vent
    Fais juste comme il t’entraîne
    Juste comme tu le sens

    On t’a mené en galère
    On a mis tes fils à nu
    On a fait gagner ton père
    À être inconnu
    On t’a dit qu’il fallait perdre
    Être toujours le second
    Être la branche du cèdre
    Et jamais le tronc

    Là-haut dans ta tour d’ivoire
    Un refrain sur tes oiseaux
    Raconte-toi des histoires
    Et prends le bateau
    Rêve et va où va ton rêve
    Petit champion deviendra grand
    Prend le rideau qui se lève
    Juste comme tu le sens

    LE DÉSIR


    Ne te laisse pas dormir
    À côté de nous deux
    Comme une flamme éteinte
    À l’orée de son feux
    Loin de tes îles
    J’ai des dunes de vague
    À l’envers de la mer
    Comme autant de déserts
    Arrachés de la chair de mon désir
    Ne me laisse plus tout seul
    À la porte de toi
    Comme un jardin sans fleur
    Comme un n’importe quoi
    Ne me laisse plus dehors
    À la marge de tout
    Me frotter sur ton corps
    Et ce corps qui s’en fout
    Caresses amputées du rayon de leur main
    Ces baisers fatigués de rester sur leur faim
    Cet éclair sans le tien
    Du regard sans chemin
    J’ai le désir le désir le désir
    Toutes ces îles veuves
    Où les monts font la moue

    Flaques d’âme qui pleuvent
    En pavés dans la boue
    De mon désir
    Ces haillons de douleur
    Où le fruit s’est fendu
    Ces jappements de peur
    Du chien qu’on a perdu
    Et qui n’a plus de maître
    Au bout de son collier
    Le sable qui s’arrête
    Au cou du sablier
    Touche moi prends-moi fort
    Dis-moi que je suis toi
    Juste une fois encore
    Ne te détourne pas
    De mon désir mon désir mon désir
    J’ai le désir le désir le désir
    Ne le laisse pas me détruire me détruire le désir
    Tous ces volcans de nous
    Devenus des rochers
    Tous ces mots recrachés sans pouvoir m’approcher
    De mon désir
    Je suis là tu t’endors et je reste couché
    Qu’on me donne une place où mourir me cacher
    Loin de tes îles de tes îles

    GUAJIRA 2000


    Recuerdo de aquel día
    En que te crucé por la calle
    En que crucé tus ojos negros
    Como se busca un detalle
    Tu ojos y tu mirada
    A mi mirada clavada
    Cables de alta tención
    Cargados por tu corazón

    Dices que no me quieres más
    Y tus ojos huyen mis ojos
    Dime como volver atrás
    Y cambiar en azul el rojo
    No te alejes de mi amor
    No te alejes de mí
    Ne te alejes de mi amor
    No te alejes de mí
    Amor

    El amor es una ventana
    Fuente de noche y de día
    Ele amor es une macana
    Cuando el alma se te enfría
    Mis sueños y mis recuerdos
    Se comen cuando muerdo
    Con hambre de passión
    La carne de mi corazón

    AU NOM DE DIEU


    Passe encore que les flics les juges
    Parlent au nom de leurs lois
    Que tous les politiciens qui nous grugent
    Le fassent au nom de nos voix
    Je dis qu’au monde nul n’est à même
    Même s’il est le plus pieux
    D’ériger ce qu’il croit en vérité suprême
    En parlant au nom de Dieu
    Au nom de Dieu
    Qui peut dire au nom d’un texte
    Que son verbe est le divin
    Et qu’il n’est pas simplement le prétexte
    À faire le mal à taire le bien
    Je dis que sur terre nul n’est digne
    D’invoquer la voix des cieux
    Pour imposer aux autres sa foi ou sa ligne
    En parlant au nom de Dieu
    Au nom de Dieu

    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Que ne fait-on que ne sait-on
    Au nom de Dieu
    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Qui peut dire sans baisser les yeux
    Ce qu’est un homme au nom de Dieu
    Au nom de Dieu

    Que les gens parlent au nom des Sciences
    De la Morale ou des gens
    Mais qu’ils le fassent en leur âme et confiance
    En pleine conscience vraiment
    Et surtout qu’ils ne prennent plus en otage
    Celui qui les aurait mis là
    En leur laissant paraît-il en partage
    Un amour qui n’existe pas
    Au nom de Dieu

    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Que ne fait-on que ne sait-on
    Au nom de Dieu
    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Qui peut dire sans baisser les yeux
    Ce qu’est un homme au nom de Dieu
    Au nom de Dieu
    Combien de guerres
    Au nom de Dieu
    De misère sur la terre
    Au nom de Dieu
    Combien d’injustices
    Au nom de Dieu
    De mains qui se salissent
    D’humains qui se haïssent

    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Oh Dieu que tout cela finisse
    Au nom de Dieu
    Au nom de Dieu au nom de Dieu
    Qui peut dire en levant les yeux
    Ce qu’est pêcher au nom de Dieu

    Qui peut parler au nom de Dieu

    SANS PAPIERS


    Je chante sur ma terre pour tous les oubliés
    Que le pouvoir enterre et refoule du pied
    Pour ceux que l’on fait taire quand ils veulent prier
    La France qu’ils vénèrent de les accepter

    Moi
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans papiers
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans foyer

    EA YONA HELIA OZA YA YA YA
    EA YONA HELIA OZA

    Je chante pour mes frères sans papiers sans logis
    Que les églises éclairent aux yeux des bougies
    Ceux qui rêvent par terre sans boire et sans manger
    D’une France d’une mère pour les adopter

    Moi
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans papiers
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans foyer

    EA YONA HELIA OZA YA YA YA
    EA YONA HELIA OZA

    Messieurs qu’on nomme Grands
    Je crois en cette France
    À celle qu’on apprend à l’école et je pense
    Qu’il serait maintenant
    Devant tant de souffrances et d’espérances
    Grand temps de lui donner un semblant d’existence

    Je voterai pour vous
    Messieurs même si je sais
    Qu’aucun de vous ne sera mieux qu’avant après
    Si vous donnez à ceux qui n’ont pas de maison
    Ce passe peau ce passeport pour ma chanson
    Si vous donnez à ceux qui ne la trouvent pas
    Cette terre d’asile où je vis je crois

    Moi
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans papiers
    Je chante pour qu’il ne soit jamais plus jamais
    Sans foyer

    EA YONA HELIA OZA YA YA YA
    EA YONA HELIA OZA

    IL FAUT RÊVER


    Ils ont rêvé qu’ils pourraient voler
    Haut dans les airs au fond des mers
    Ils ont foulé d’autres planètes
    D’abord dans leur tête et puis de leurs pieds
    Ils l’ont rêvé et c’est arrivé
    Ils ont rêvé que la terre était
    Ronde et que des mondes ailleurs existaient
    Et que sur ces mondes d’autres gens vivaient
    Ils les ont rêvés ils les ont trouvés
    Pour qu’un rêve soit
    Il faut l’essayer il faut l’éveiller
    Pour qu’un rêve soit enfin ce qu’il est
    La réalité
    Ils ont rêvé que leur vie serait
    Celle qu’ils voulaient
    Ce qu’ils en feraient
    Ils en ont rêvé et ils l’ont prouvé
    À ceux qui juraient que ça ne se pouvait
    Et ils ont rêvé et le rêve est réalisé
    La vie est tout ce qui la cache
    L’ombre et le flash
    Sage est le fou
    Rêve jusqu’au bout
    Rêve toi et marche
    Rêve le jour et rêve la nuit
    Rêve l’amour et rêve l’ami
    Rêve quand tout te semble fini
    Rêve surtout quand on te l’interdit
    Pour que la vie soit enfin ce qu’elle est en réalité
    Pour que la vie soit enfin ce qu’elle est
    Il faut la rêver

    À MON PÈRE


    Je danse avec les spectres
    Et le vert de leur flamme
    Il y a si longtemps que je n’ai plus aimé
    J’ai laissé tant de moi dans le ventre des femmes
    Elles m’ont pardonné
    Elles m’ont oublié
    Le miroir m’avait dit que ce monde était monde
    Et je ne l’ai pas cru je l’ai laissé tomber
    Pourquoi me direz-vous cette grotte est immonde
    On n’y sent que les ombres
    On n’y voit que du flou
    C’est écrit je suis fou je danse et je suis triste
    Et j’oublie le silence et j’oublie la clameur
    Pourquoi me direz vous
    Pardonnez si j’insiste
    En me posant pour vous la question du bonheur
    Il était une fois moi sans doute ou les autres
    Ceux qui m’ont traversé comme des sentiments
    Voyagé dans mes yeux comme au fond de la soute
    De qui j’ai peur à qui je mens
    Je me grise avant tout de ce qui m’est contraire
    Et me montre du doigt tel que je ne suis pas
    Et je me paie du chancre avant que de l’extraire
    J’aime quand il fait froid
    Ce que j’ai vu des gens cauchemar solitaire
    Ne m’a donné envie ni d’eux ni de leur vie
    Ni même de leur nuire
    Seulement de me taire
    Et de vivre tout seul comme un ver dans un trou
    Pourquoi donc revenir et de retour sur terre
    S’obstiner à chercher ce qui vaut le détour
    Pourquoi je ne sais pas le plus beau reste à faire
    Peut-être est-ce l’amour
    Je danse avec les spectres
    Il fait bon c’est la lune
    Elle sera demain cachée par le soleil
    Pleine et noire à minuit
    Je l’ai lu dans les runes
    Elle sera demain
    Comme moi aujourd’hui
    J’aurai l’âge où Rimbaud n’a jamais pu écrire
    Où Saturne a fini de manger ses enfants
    C’est un beau jour pour naître
    Un beau jour pour mourir
    Pour la dernière fois le jour d’avoir vingt ans
    Je danse avec les spectres
    Au-dessus des montagnes
    Il fait bleu n’aie pas peur je suis là j’ai grandi
    Je t’aime et j’ai trouvé le pays de cocagne
    Où tu rêves
    Où je suis
    Je sais que tu m’attends partout où je t’appelle
    Il était une fois nous deux tu te souviens
    C’était en l’an 2000 et des poussières
    Il était une fois nous deux sur le chemin
    Demain il fera jour et ce sera l’automne
    Il y aura du ciel partout jusqu’à l’hiver
    Et nous traverserons ce miroir qui résonne
    Où le monde est à faire
    J’ai trois enfants tu sais trois filles trois merveilles
    Entre l’amour et moi il n’y a plus de mur
    Seulement ce vitrail aux escaliers de lierre
    Pour aller vers l’azur
    Un jour nous nous verrons
    Comme au temps des ballades
    Nous nous retrouverons
    Comme au temps des copains
    Nous ne serons plus morts ni vivants ni malades
    Nous nous retrouverons enfin nous serons bien
    Il y aura du vent dans les cheveux des anges
    Il y aura de l’or jusqu’après le matin
    Il fera ce jour là
    Papa tu te souviens
    Où tu devins mon père
    Et moi votre mélange à maman et à toi
    Souviens-toi souviens-toi
    Je sais que tu m’entends
    Je sens que tu es là
    Quelque part dans le songe
    Il y a ces moments dans lesquels tu reviens
    Il y a ce passé dans lequel je me plonge
    Comme dans l’océan comme dans un jardin
    Lorsque je t’aperçois
    Ce moment où j’allais à la pêche avec toi
    Ramener du poisson comme un grand
    À mes frères
    Papa ne l’oublie pas
    Quand tu seras lumière
    Quand tu seras là-bas
    Papa
    Ne m’oublie pas
    Ne m’oublie pas

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