Paroles de FACE CACHEE

 
Face cachée

Distribution warner music france

Reniement.Cerf-volant.Je t'appelle.Je chanterai pour toi.Faut que j'm'en aille.Sida song.Mi yevasseur.Réveille la force.Faces cachées.On est bien.Dans ta peau.O mila majko.A Léo

RENIEMENT


J’ai du sang plein ta bouche
Tu viens de faire mourir nos souvenirs
Il l’a voyait si belle, si fidèle à ce qu’elle lui disait d’elle
Se croyait son ami car c’est ainsi qu’elle se montrait à lui
Mais il l’a vue un jour telle quelle
Et mentir à son amour
Il l’a voyait si frêle, la prenait sous son aile pour sa jumelle
On les croyaient unis par ce qui ne se dit ni se dédit
Mais il l’a vue un jour telle qu’elle est
Mentir à son amour
Mais elle a préféré sacrifier l’amitié
À ce qu’elle a pris pour son intérêt
Réveiller l’essentiel cet amour dans le ciel
Lui contre elle
Reniement, reniement
Elle te renie te ment
Un seul mot pour trahir ses boniments
Nos sentiments
Peu importe pourquoi elle l’a blessé comme ça
L’amour vrai reste, et l’autre s’en va
Dis-moi pourquoi m’avoir fait croire
À cette fausse histoire
M’avoir mis tout ce noir dans la mémoire
Que reste-t-il de ça elle et lui, toi sans moi
Mais pour elle il sera toujours là
Voilà.

CERF-VOLANT


Dans cet hôtel je passe purgatoire tranquille
Couché dans la réception comme échoué sur une île
Seul sans lumière
Sans toi mes draps de lit sont des tapis de poussière
Hamlet cherche Ophélie mes yeux pleurent des rivières
Mots d’amour d’éphémère
Changement de cavalière

Tu croises un peu trop les jambes pour moi petite vierge
J’ai de sales pensées brûle un cierge dans ton cœur
Je brûle d’une autre manière
Le chemin le plus court de la mort à la vie
C’est l’amour
Changement de cavalière

Beau cerf-volant emmène-moi loin de moi
Cerf-volant je veux voler comme toi
Cerf-volant du bout du monde à son toit
Cerf-volant me laisse pas me laisse pas avec moi

Y’a plus de mots d’amour dans ma boîte de Pandore
Y’a plus d’feu dans mon four je te hais et je t’adore
Viens fais moi un petit frère
J’ai volé le soleil y a le feu dans ma rizière
Oh changement de cavalière

Dans cet hôtel je passe purgatoire tranquille
Couché dans la réception comme échoué sur une île
Seul sans manière
Garde-toi prisonnière si tu veux faire des mystères
Changement de cavalière

Beau cerf-volant emmène-moi loin de moi
Cerf-volant je veux voler comme toi
Cerf-volant du bout du monde à son toit
Cerf-volant me laisse pas me laisse pas avec moi

JE T’APPELLE


Le cœur sur arrêt image
Mes yeux ne voient plus que toi
Je voudrais tourner la page
Mais je n’y arrive pas
Je repasse dans ma tête
Les diapos du bonheur
La séance s’arrête
J’ai mal au projecteur

Et je t’appelle
Comme un soleil qui répond plus
Comme un regard qu’a plus ses ailes
Au pays des enfants perdus
Parce que je t’aime
Et que tu vis loin de mes bras
Dans ce pays où tu m’aimes pas
Où je t’aime quand même

Pendu au téléphone
Le cœur sur l’écouteur
Je vole au magnétophone
Ta voix sur le répondeur
Écoute ma prière
Ne reste pas sur play
Appuie sur retour en arrière
Reviens moi s’il te plaît

Et je t’appelle
Comme un soleil qui répond plus
Comme un regard qu’a plus ses ailes
Au pays des enfants perdus
Parce que je t’aime
Et que tu vis loin de mes bras
Dans ce pays où tu m’aimes pas
Où je t’aime quand même

Mon amour est en panne
Le film est terminé
Faut qu’je change de programme
Faut qu’je change de ciné
Les lumières s’allument
Je reste dans le noir
Branché sur radio brume
J’écoute mon cafard

Et je t’appelle
Comme un soleil qui répond plus
Comme un regard qu’a plus ses ailes
Au pays des enfants perdus
Parce que je t’aime
Et que tu vis loin de mes bras
Dans ce pays où tu m’aimes pas
Où je t’aime quand même

Me laisse pas dans le froid
De jamais plus te voir
Reviens dans notre histoire
Noir.

JE CHANTERAI POUR TOI


Ton regard dans mon regard
Ton étoile qui vrille dans mes nuits noires
C’est mieux à voir mieux que moi dans le miroir
Bras levés retrouver mon chemin
Dans ces mains venues de toi
Si je chante c’est pour ça

Et si depuis que je suis né
J’ai là en moi ce besoin de crier
Que je suis là sur cette terre avec toi
Si j’ai fait de ce cri
Le pays où vivent mes amis
Où que tu sois
Je le chanterai pour toi
Je le chanterai pour toi

Ton espoir dans mon espoir
Cet amour qui devient notre histoire
Ce plus à croire au fond de ma mémoire
Et tous ces mots faits de toi
Que je vois que j’entends dans ta voix
Où que tu sois
Si je chante c’est pour ça

Mais si depuis que je suis né
J’ai là en moi ce besoin de crier
Que je suis là sur cette terre avec toi
Si j’ai fait de ce cri
Le pays où vivent mes amis
Qui que tu sois
Je le chanterai pour toi
Je le chanterai pour toi

Et si depuis que je suis né
J’ai là en moi ce besoin de crier
Que je suis là sur cette terre avec toi
Si j’ai fait de ce cri
Le pays où vivent mes amis
Où que tu sois
Je le chanterai pour toi
Je le chanterai pour toi

Souviens-toi
D’abord le pied de grosse caisse
Ça c’est le taping des villes
Et puis cette forêt de mains qui frappent à l’unisson
Et puis ces milliers de gorges qui submergent la scène
Comme une voix de marée
Un ultra raz de râle
De râle et de joie
De joie qui hurle
Entrer dans cette joie
Dans cette onde de choc
Et se laisser transpercer par elle
Par cette fièvre qui monte jusqu’à mon sourire
Cette éruption de moi
Ça y est je vais chanter
Tout devient l’énergie
Je chante tu entends ça dis
Je chante
Je chante

Chanter jusqu’à la fusion
Devenir ce son qui s’appelle l’amour
Il fait Dieu partout dans ce monde qui danse
Mon essence s’élève au-dessus de ce rêve
Et je plane je plane en rimes avec les anges
Et tout mon cœur devient faucon
Regarde-moi regardez-moi
Je vole
Je vole
Je m’envole vers le soleil
Je suis Icare la colère d’Adam
La revange des anges
Et je suis le sillage de mon sillage
Ceux qui me suivent me précèdent
Ils sont vertiges comme moi
Hein
Qu’est-ce que c’est
Je ne sais pas
Des canons affamés
Qui m’appellent

FAUT QUE J’M’EN AILLE


Si on cherche plus à se plaire
À se trouver à se séduire
Si notre amour se fait la paire
C’est qu’à deux on se fait le pire
J’crois qu’on a fini par s’user
Depuis le temps qu’on se caresse
Quand on s’aime sans en abuser
C’est plus d’l’amour c’est d’la paresse

Faut que je m’en aille
Pourquoi j’peux pas te dire bye bye

T’imaginer dans d’autres bras
Ça c’est quelqu’chose que je peux pas
Pourtant va falloir que j’m’y fasse
Mais j’veux partir pas te quitter
Et toi t’as besoin d’exister
Pour quelqu’un sans perdre la face
Mais quand je vais sur ta peau nue
J’voudrais qu’on s’aime comme au début
Qu’on s’envoie dans la stratosphère
Mais vu c’que c’est devenu au pieu
Nous deux quand on ferme les yeux
C’est qu’on n’en a plus rien à faire

Faut que je m’en aille
Faut que je m’en aille
Pourquoi j’peux pas te dire bye bye

Oh bien sûr si j’étais "E.T."
Alors on s’rait déjà parti
Beaucoup plus loin que les étoiles
À bicyclette en pédalo
En tout c’qui m’passe par l’ciboulot
On aurait hissé la grande voile
Et mis les voiles
Toujours plus haut
Beaucoup plus loin que les oiseaux
Mais j’ai pas d’ailes pour m’envoler
Et ma soucoupe est mal garée
Quelque part au parking de tes rêves
Ton prince charmant est fatigué
Faut qu’t’en trouve un qui soit plus gai
Faut que t’en trouve un vrai qui t’enlève

Faut que je m’en aille
Faut que je m’en aille
Pourquoi j’peux pas te dire bye bye

T’aurais pas dû partir tout c’temps
M’laisser tout seul aussi longtemps
Sans même un regard pour mes larmes
J’me dis qu’c’est à moi maintenant
Vu qu’j’ai jamais su l’faire avant
De me servir des mêmes armes
J’ai ton absence au fond de moi
Comme un mal qui ne guérit pas

J’peux pas m’tirer j’sais pas pourquoi
C’est p’t’être encore d’l’amour je crois
Je sais que t’as plein d’choses à m’offrir
Mais j’ai plus envie de me voir souffrir

SIDA SONG


Le froid devient pâle silence hôpital
J’ai perdu ta trace au rayon des… c’est toi ?
Ne lâche pas ma main, ne lâche pas ma main, non

Et même si la mort est venue te chercher,
Moi c’est pas pour autant que je vais te lâcher
Ne lâche pas ma main, ne lâche pas ma main, non

T’es trop jeune pour partir moi trop vieux pour pleurer,
La mort c’est pas le pire ; le pire c’est de rester !
Garde moi près de toi ! Garde moi chez l’bon Dieu !
Bien au chaud dans le froid qu’j’ai fermé dans tes yeux !
Ne lâche pas ma main, ne lâche pas ma main, non

Maintenant que tu vois avec les yeux d’en haut,
Marche vers la lumière ! Te retourne plus vers l’hosto !
Ne lâche pas ma main, ne lâche pas ma main, non, non

Même si je perds ta vie, dans ce coin d’hôpital,
Le sida on s’en fout quand on est des étoiles
Ne lâche pas ma main, ne lâche pas ma main, non, non

Je t’aime encore plus fort là où tu vas sans moi
Ne lâche pas ma main dans ta main de là-bas !
Regarde pas mes larmes, ell’ne sont que pour moi !
Comme dit le chanteur, on se retrouvera

Jusqu’au bout du chemin, ne lâche pas ma main
Jusqu’au bout du chemin, ne lâche pas ma main

Jusqu’au bout du chemin, ne lâche pas ma main
Allez… Ne lâche pas ma main… Allez… Allez…
Jusqu’au bout du chemin, ne lâche pas ma main, non
Jusqu’au bout du chemin, ne lâche pas ma main, non
Allez… Allez… Allez… Vole…Vole…

Si j’ai mis du poison dans la bulle à te sauver
C’est pas pour te faire mal tu sais, c’est pour te l’enlever

RÉVEILLE LA FORCE


Depuis que tu sais parler on t’apprend à te taire
Depuis que tu sais marcher c’est au pas qu’on t’apprend à le faire
Depuis qu’tu penses on pense pour toi
Même quand tu roules on roule pour toi
Debout ! T’es pas un numéro
Ta vie tu peux la reprendre à zéro

Réveille la force qui veille au fond de toi
Réveille la force qui veille au fond de toi
Réveille toi ! Réveille toi !

Si la jeunesse savait la vieillesse pourrait
Si la vieillesse pouvait alors c’est sûr la jeunesse saurait
Mais bats-toi comme bat ton cœur
Jeune ou vieux tu es vainqueur
La force est là au fond de toi
Réveille la ! Réveille toi !

Réveille la force qui veille au fond de toi
Réveille la force qui veille au fond de toi
Réveille toi ! Réveille toi…

FACES CACHÉES


Qui marche sur tes pas de la vie au trépas
Qui foule tout ce que tu foules
Qui prolonge ton corps quelque soit le décor
Et sans te perdre jamais dans la foule
Tu passes elle te poursuit
Et jamais tu n’essuies
Sa trace imprimée par la tienne
Jamais tu ne la tiens pourtant elle te retient
Sans pour autant qu’on la contienne

Ton ombre la face cachée de ton corps
Ton ombre la face cachée de ton corps

Éclipse obscure et claire électrique ou solaire
Aux limites sans fin mouvante à l’image de celle
Invisible étincelle qui de l’esprit est la suivante
Tu penses donc elle te suit comme sa sœur de suie
Le fait pour sa chère enveloppe
Nul ne sait son endroit côté cœur côté droit
Qu’on la tire ou la développe

Ton âme la face cachée de ton coeur
Ton âme la face cachée de ton cœur

Photo de l’inconscience développement négatif
Photo de la conscience tirage positif
Et les deux sont en toi
Et les deux se cotoient
Corps individuels
Qui se battent en duels
Dans la face cachée de ta vie

Dans la face cachée de ta vie…
vie

ON EST BIEN


On en a vécu de belles depuis qu’on s’aime toi et moi
Des engueulades à la pelle des n’importe quoi
Des "fous le camp" des "reviens vite"
Des "je m’en vais" des "je reviens"
Mon amie la marguerite s’en souvient

Mais tout ça on a su le faire
Sans jamais se lâcher la main
Et depuis notre amour a fait du chemin
On est bien on est bien

On s’est fait des plans minables
Des trucs pas vraiment très clean
Et des fugues interminables
Au pays du spleen
Toi t’as pris des mecs en panne
J’ai pris des filles de secours
Il y en a eu des départs et des retours

Mais tout ça on a su le faire
Sans jamais se lâcher la main
Et depuis notre amour a fait du chemin
On est bien on est bien…

DANS TA PEAU


Depuis que tu n’es plus la même
Depuis qu’on est jamais d’accord
Je ne sais plus pourquoi je t’aime
Mais je sais que je t’aime encore

Tu m’as jeté un sort
Même si je m’entête
À jouer à celui qui s’en sort
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Mais
Je suis bien dans ta peau

Qu’on se quitte ou bien qu’on s’attende
Le temps est dur quand il s’y met
J’en veux à tous ceux qui prétendent
Que l’amour ne finit jamais

Tu m’as jeté un sort
Même si je m’entête
À jouer à celui qui s’en sort
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Mais
Je suis bien dans ta peau

Toi comme la biche au bois frémissant de cette peur hiératique
Au moindre appel d’une brindille
Moi comme un cerf traqué par l’absurde
Et ce temps qui de jour en jour creuse entre nous le silence
Enfant d’une blessure et de la solitude
Peut-être faudrait-il que la plaie se referme
Ou que la cicatrice soit moins apparente
Pour que je retrouve le courage de m’aventurer
Dans cette forêt d’avec toi

Tu m’as jeté un sort
Même si je m’entête
À jouer à celui qui s’en sort
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Je suis mal dans ma tête
Mais
Je suis bien dans ta peau

Peut-être faudrait-il que la plaie se referme
Ou que la cicatrice soit moins apparente
Pour que je retrouve enfin le courage de m’aventurer
Dans cette forêt d’avec toi
Hermana mia

O MILA MAIKO


O mila majko

Zasto ta patnja ?

Brat bez brata

Ljubav i smrt, muz i zena

O mila majko

Tuga i gomila

Bez djece do uvjek ta zajednica


O mila majko

O moja zemlja

Mila majko

Povri jedena

Mila majko

Mir je za sutra

Ostatcemo tvoja draga djeca

O moja zemlja

Sva porusena

Moja zemlja

Ti si ipak najljepsa

O moja zemlja

Ti bez povratka

Majko kako te voljeti bez zla


O mila majko

O moja zemlja

Mila majko

Povri jedena

Mila majko

Mir je za sutra

Ostatcemo tvoja draga djeca


O mila majko

O moja zemlja

Mila majko

Povri jedena

Mila majko

Mir je za sutra (

Ostatcemo tvoja draga djeca

Ne daj mi, zemljo, otic iz tvog krilla

 

À LÉO


Un jour tu trouveras cette âme défendue !
Celle qu’en toi tout fuit par crainte du parjure,
Et qui te dit : « Prends garde à chaque main tendue ! »
Un jour l’ami viendra, le vrai, je te le jure !
Un jour tu trouveras ce frère de printemps
Ce jardinier des cœurs enfant des Hespérides !
Et qu’il soit jeune ou vieux, vous irez hors du temps
Cueillir les pommes d’or qui poussent sous les rides…
Il sera tes vingt ans, ces vingt ans éternels
Que tu crois disparus quand ta cheville flanche.
Il te rendra le goût des élans fraternels,
Il lavera du gris ta chevelure blanche…
Et, dans l’obscurité qu’on nomme les vieux jours,
Il fera de tes mots de grands yeux de lumière
Tels ceux de ces oiseaux qui la nuit voient le jour
Célébrant le soleil à son aube première…
Et tels deux rois hiboux contemplant l’avenir
Vous ferez de chacun de vos regards un rêve
Et chaque instant pour vous passera sans finir
Et chaque nouveau jour sera comme une trêve…
Un jour tu trouveras ce Mozart de cent ans,
Ce Rimbaud de demain qui sera ton élève !
Et tu retrouveras dans ses vers palpitants
Ce goût d’air du matin, de soleil qui se lève…
Même si de ton âge il n’a que la moitié
Par la plume il aura celui de tes artères ;
Ensemble, vous aurez celui de l’amitié,
Celui de vos secrets, celui de vos mystères…
Et vous inventerez de nouveaux lendemains !
De nouveaux mots d’amour ! De nouvelles musiques !
Et vous tuerez la mort ensemble et de vos mains
Vous rendrez du malheur, le bonheur amnésique…
Vous parlerez des femmes, des plaies qu’elles vous font,
Des copains disparus et des faux camarades ;

Et de tous vos regrets vous toucherez le fond
Pour remonter plus haut que leurs sombres parades.
Alors vous planerez au-dessus de ceux-ci,
Au-delà de ceux-là, comme deux grands rapaces,
Deux voyageurs du temps voyageant sans souci,
Échangeant leurs pensées, leur temps et leurs espaces…
Alors vous parlerez en notes comme en vers
En couplets, en refrains, en chansons, en poèmes,
En parcourant en long en large l’univers
Vous ne ferez plus qu’une de vos deux bohèmes…
Vous irez au café des anges écrivains !
Vous irez boire avec Verlaine, Apollinaire
Et Baudelaire aussi, goûtant à tous les vins,
À tous les alcools de votre imaginaire !
Vous sortirez Ravel, Bach, Falla, Debussy
Et tous les autres de leur ultime demeure !
Vous les réveillerez ! Et les voisins aussi
Tant vous ferez de bruit le soir après plus d’heure !
Et de leurs symphonies vous ferez vos discours !
De leurs textes sacrés vous serez des prophètes !
Poètes, musiciens, vous serez leur recours
Et tous viendront chanter et danser à vos fêtes !
Alors, sans plus jamais subir la trahison
Tu seras délivré de tes vieilles blessures
Et de ton mal de vivre, enfin la guérison
Viendra dans ton cœur pur colmater les fissures…
Et tu n’auras plus mal à ceux qui t’ont fait mal !
À ceux qui t’ont plongé dans l’humaine misère !
Tu ne souffriras plus dans ta chair d’animal,
Et d’un Dieu chimpanzé tu diras le rosaire…
Un jour, tu trouveras ce prince vagabond
Ce passager des vents qui vague sur ta route,
Et vous laisserez là le mal ce moribond ;
Des méchants vous mettrez les armées en déroute !
Il ne t’en voudra pas si tu doutes de lui,
Si dans tes cris parfois résonne encore la haine,
Car l’enfant reste vif en toi, même aujourd’hui ;
Pudique dans ses joies, extrême dans sa peine…
Alors accepte enfin la main qu’il te tendra !
Son serrement plus fort qu’un serment qu’on abjure !
Et crois en l’homme enfin quand cet ami viendra !
Car cet ami viendra, Léo ! Je te le jure !
Alors accepte enfin la main qu’il te tendra !
Son serrement plus fort qu’un serment qu’on abjure !
Et crois en l’homme enfin quand cet ami viendra !
Car cet ami c’est moi, Léo ! Je te le jure !

L’autre jour, Léo lorsque je suis rentré de cette balade avec toi, je me suis dit que j’avais bien de la chance d’avoir été logé à la même enseigne que ton ami le chien. Je marchais près de toi, comme toi, à ton rythme, et mon esprit franchissait les collines verdoyantes qui nous encerclaient ; mon esprit devenait le vent qui faisait de nos cheveux des branches ; et mon cœur devenait ce chien de l’ autre côté du vent comme un miroir écumant d’une vague dans l’ œil salé d’un marin au long cours. Tu me parlais de la mer et des bateaux, de tout ce que j’aime et qui me fait vibrer, du soleil et de l’aventure, et je me remémorais ces vers de Verlaine : «Dans le vieux parc soliaire et glacé / Deux ombres ont tout à l’ heure passé...» Ces ombres, c’était nous, solitaires et glacés dans la chaleur de l’amitié qui déloque la solitude. Je pensais à cette phrase que tu dis tout le temps : « On est seul, on naît seul, on crève seul ». Je pensais que tu avais raison et tort en même temps, comme tous les gens qui savent et qui ne veulent pas faire partie des sages ; tu sais, les anarchistes. Grâce à toi, Léo, je n’ai jamais été seul, même au plus noir de mes détresses. Ta voix, tes poèmes, ta musique étaient là pour marcher près de moi dans le parc de ma solitude ; dans ce vieux parc solitaire et glacé… Ça existe, ça, tu sais, et c’est fantastique. C’est bien plus fort que l’amour, ça ne finit jamais... Ne doute plus, Léo, de cette force-là, car toi non plus tu n’es pas seul. De l’autre côté de toi, dans ton vieux parc solitaire et glacé, je marche avec ta solitude ; je m’arrête avec elle lorsqu’elle est fatiguée et j’avance avec son silence ; pas besoin de parler quand on devient les arbres, le vent, les nuages. «Âme, te souvient-il au fond du paradis ?» Et si de faux amis t’ ont fait un jour du tort, ne doute pas des vrais, Léo, ne doute pas de moi. Je suis ton allié devant l’éternité qu’un jour nous ferons naître. Et, marchant avec toi dans ce parc entre tes deux maisons, dans ce grand parc solitaire avec toi, j’ai commencé dans mes yeux le poème que je t’envoie, ici et je l’ ai terminé chez moi. Cette lettre de soixante quinze vers pour fêter bientôt tes soixante quinze printemps. Chaque année j’en écrirai quatre de plus : quatre vers de plus chaque année pour que notre amitié dure quatre fois plus longtemps. Cette lettre en vers, tous les gens qui t’aiment vraiment auraient pu te l’écrire mais je le fais en leur nom pour te dire qu’ils sont nombreux dans leur vieux parc solitaire et glacé à marcher avec toi sur la route des rêves.

O MILA MAIKO

(traduction)

Ô ma p’tite maman

Pourquoi cette souffrance

Un frère sans frère

L’amour et la mort

Ô mari et femme

Ma p’tite maman

Ô ma p’tite maman

Ô ma terre d’amour

Ma p’tite maman

Blessée au plus profond

Ma p’tite maman

La paix est pour demain

Nous resterons tes chers enfants

Ô ma terre d’amour

Toute en ruines

Ma terre d’amour

Toi pourtant si belle

Ô ma terre d’amour

Ma terre sans retour

Comment t’aimer maman sans te faire mal

La paix est pour demain

Nous resterons tes chers enfants

Terre d’amour ne me laisse pas m’éloigner de toi

Ô ma terre d’amour
Un frère sans frère

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×